Sauvage

Sauvage

Je suis un sanglier

(titre provisoire)


Je cours. Je cours dans une forêt, nu, hors d’haleine. C’est une course folle. Je m’élance à travers les broussailles, tous mes sens en alerte, le cœur au bord de l’explosion. Une vraie montée d’adrénaline. La sensation d’être très vivant côtoie une immense trouille. Au fur et à mesure que j’avance, mon corps se transforme. Je me sens changé. Je deviens un animal. Je suis un sanglier.
Ce rêve, d’il y a quelques années, m’est revenu avec beaucoup de force lorsque j’ai lu Polywere, la pièce de Catherine Monin. On y suit le récit d’Emmanuel, un jeune garçon atteint de thérianthropie (il se perçoit comme animal), après la vision traumatisante d’un cerf abattu lors d’une chasse. Il décrit la vie sauvage qu’il va mener dans la forêt, après avoir échappé à l’institution psychiatrique.
L’évocation puissante de cette expérience hors du commun m’a touché profondément. Sans doute elle réveille en moi un lointain appel de la forêt et des sensations anciennes.
Je me retrouve enfant près de mon père à la chasse. Je me souviens des casse-croûte avec ses copains chasseurs, de l’odeur des feuilles pendant les battues, du poids des bottes pleines de terre. Je marche avec eux, un froid dimanche d’automne, pour débusquer le gibier, armé de mon fusil en plastique.
Me reviennent la fierté de faire partie de ce monde d’hommes mais aussi la frayeur et le dégoût face à chaque mise à mort : je suis autant avec le chasseur qui tue que près de l’animal qui meurt.
Je vis aujourd’hui loin de ce coin de campagne mais une part de moi y demeure. Je me sens lié à la terre et traversé par les chimères d’une existence indomptée, primitive, à ras du sol. Une secrète vie intérieure en animal. Je m’imagine être le dépositaire de forces ancestrales oubliées, peut-être d’autant plus que la banquise fond, des espèces disparaissent, les forêts primaires sont saccagées. Je voudrais pouvoir partir explorer des espaces encore inconnus du monde et, un jour, y rencontrer la bête.
Je dois me rendre à l’évidence, le sauvage me manque.
Il me faut partir à sa recherche…

Thierry Vennesson


L’agenda des dates à venir est en page d’accueil.

Création 2022
 

Conception, jeu : Thierry Vennesson
Son : Mathilde Billaud
Lumières : en cours
Costumes : en cours
Scénographie : Philippe Sommerhalter
Collaboration Artistique : Pierre Grammont, Camille Perrin, en cours…

Coproduction ACB scène Nationale de Bar le Duc
Production en cours